La laryngite, à ne pas négliger !
Situé au niveau du cou, le larynx fait partie du système respiratoire, et est fréquemment le siège d’infections, en particulier chez l’enfant : plus étroit, il est davantage sensible à l’inflammation, et la laryngite est alors souvent plus sévère que chez l’adulte.
C’est pourquoi, même si elle est le plus souvent bénigne, il ne faut pas la négliger car elle nécessite parfois un traitement en urgence.
La période hivernale et le début du printemps sont propices au développement de laryngites, en particulier chez les enfants âgés de 1 à 5 ans.
Les symptômes de la laryngite
En premier lieu, la laryngite se manifeste par une modification de la voix (dysphonie) et de la toux : elles deviennent plus rauques, puis progressivement diminuent jusqu’à l’extinction.
Mais surtout, l’inflammation du larynx, déjà étroit, provoque un rétrécissement de la filière respiratoire, réalisant un syndrome dyspnéique : l’enfant présente des difficultés à respirer Cela peut survenir d’emblée, selon la cause, et les symptômes peuvent devenir impressionnants, à l’origine d’une grande angoisse chez les parents. L’inspiration est lente, et nécessite la mise en jeu des muscles sus-claviculaires, sus et sous-sternaux et intercostaux : c’est le tirage. Un bruit grave, inspiratoire, témoigne de l’obstruction : c’est le cornage.
L’enfant est également angoissé et en sueur.
Ces signes sont de gravité variable selon le type de laryngite, mais constituent des signaux devant conduire à une prise en charge rapide.
La laryngite sous-glottique œdémateuse virale
Elle est due à un virus : c’est la plus fréquente des laryngites rencontrées chez l’enfant. Elle associe une toux rauque et une voix éteinte, avec parfois une fièvre, peu élevée. La gêne respiratoire est souvent modérée, mais peut dans certains cas devenir intense : la surveillance des signes de gravité (tirage, cornage, sueurs, agitation, pâleur) est indispensable, car le traitement et rarement l'hospitalisation sont alors nécessaires en urgence. Il consiste en l’injection ou la prise per os si possible de corticoïdes (Célestène ®, Solupred ®...), qui entraîne une amélioration rapide des symptômes.
Mais en cas de signes modérés, le traitement consiste à diminuer l’œdème laryngée : les aérosols et une atmosphère humide (obtenue dans la salle de bain en faisant couler l'eau chaude et en fermant les portes, ou à l’aide d’humidificateurs électriques) le permettent généralement, et soulagent l’enfant.
La crise de laryngite aiguë survient souvent en pleine nuit aggravée par la position couchée. Il faut asseoir l'enfant, le rassurer, éviter de le faire parler ou pleurer et le mettre quelques minutes dans l'atmosphère humide. En cas de crise plus sévère, il faut appeler le SAMU (15).
L’épiglottite aigue
C’est la cause la plus grave de dyspnée laryngée : elle est due à une bactérie, l’Haemophilus influenzae b, mais est devenue exceptionnelle en France depuis la mise en place de la vaccination systématique (Pentacoq ®, Infanrix ®...).
Survenant entre 3 et 7 ans, et parfois exceptionnellement chez l'adulte, elle est à l’origine d’une dyspnée à début brutal, intense, voire d’une asphyxie, provoquée par un œdème très important de l’épiglotte. Le patient est pâle voire gris ou cyanosé (peau et muqueuses bleues), en sueurs, il bave car il n'arrive pas à avaler sa salive. La fièvre est élevée (39-40°) et la toux est absente. Il ne faut surtout pas allonger le patient. Il faut appeler le 15 (SAMU).
Le traitement doit être institué en grande urgence.
L’hospitalisation permet la mise en place d’une intubation voire d’une trachéotomie en urgence et d’une antibiothérapie, qui permettra la guérison en 3 à 5 jours.
Ainsi, les symptômes de laryngite doivent amener les parents à être prudents. S’il n’y a bien sûr pas lieu de paniquer au moindre signe, il convient de surveiller attentivement toute modification du comportement de l’enfant en cas de dyspnée ou de dysphonie.
Et bien sûr, de consulter son médecin le cas échéant ou tout simplement au moindre doute, afin d’être rassurés !
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)
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