Les morsures de serpent : Bien réagir
En France, les morsures de serpent sont principalement dues aux vipères dont il existe deux espèces différentes (péliade au nord et aspic sous la Loire). Les morsures sont des événements assez rares (environ 1000 par an) qui entraînent qu’une centaine d’hospitalisations sans que l’on ait de statistique officielle sur d’éventuels décès.

La vipère pique avec deux crochets ainsi elle laisse une trace caractéristique qu’aucun autre animal ne peut reproduire. Il s’agit de deux points de piqûre distants d’environ 5 à 8 mm.
La vipère n’injecte dans la plaie son venin (envenimation) qu’une fois sur deux.
C’est l’œdème qui suit la morsure qui signe l’envenimation. Ce dernier survient dans les deux heures qui suivent puis va évoluer pendant les jours suivants.
Les complications graves (mais rares)
- allergie immédiate (choc anaphylactique) avec chute de la tension artérielle
- insuffisance rénale
- œdème pulmonaire et anomalie cardiaque
- saignements digestifs
- troubles cérébraux
- œdème généralisé avec chute de la tension (état de choc)
Ces complications sont rares du fait du traitement disponible. Les complications usuelles sont :
- infections au site de morsure
- douleur très forte de l’œdème
- diarrhées et vomissements
- sensation de malaise et anxiété
Si vous être témoin ou victime d’une telle morsure, il ne faut pas :
- mettre de garrot
- effectuer une cautérisation
- ni une succion (les appareils vendus à cet effet n’ont jamais démontré leur efficacité)
Il faut donc :
- isoler la victime, l’allonger
- disposer le membre mordu en déclive (vers le bas) pour éviter que le venin ne remonte trop vite vers le cœur par les voies lymphatiques
- enlever les bagues et bracelets le plus tôt possible
- désinfecter la plaie (chlorhexidine par exemple)
- alerter les secours !
En attendant les secours, on peut donner du paracétamol (on évitera l’aspirine et les anti-inflammatoires) contre la douleur et également disposer des linges contenant de la glace ou de l’eau très fraîche.
C’est ensuite le médecin qui décidera, selon l’aspect et l’évolution de l’œdème et selon la présence de signes inquiétants (tension, analyses de sang,…) s’il faut hospitaliser la victime ou non. Il pourra si besoin, lui administrer un antidote spécifique du venin.
En cas de morsure par d’autres serpents
Chez un collectionneur ou en dehors de la France métropolitaine, il faut respecter la même conduite à tenir qu’en cas de morsure par les vipères et surtout prendre un avis médical urgent, dans une structure où il est possible de faire des examens sanguins.
Les troubles peuvent apparaître très rapidement avec notamment l’apparition de signes respiratoires dès les premières minutes puis des chutes de tension, paralysie, troubles neurologiques et hémorragies diffuses.
S’il est possible de faire capturer l’animal, cela aide pour savoir quel sérum il faut mais cela ne doit pas ralentir la prise en charge médicale.
Dr Arnaud Latremouille
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