Tétanos et vaccin antitétanique aux urgences
En cas de plaie, les urgentistes et chirurgiens vous demanderont si vous êtes à jour de votre vaccination antitétanique.

Pourquoi ?
Le tétanos est une maladie devenue rare mais toujours aussi grave (mortelle dans environ 25% des cas). Elle tuait environ 350 personnes en 1960 pour quelques 4 à 6 cas par an à l’heure actuelle. La prévention par la vaccination est la seule façon de se protéger efficacement.
Quelle est la cause ?
La maladie se déclenche lorsqu’un bacille (Clostridium tetani) rentre dans l’organisme. Cette bactérie est très résistante et peut rester des années dans la terre.
A l’occasion d’une blessure même minime elle rentre dan l’organisme et va profiter du manque d’oxygène dans les tissus cutanés lésés par la blessure pour se développer. Ensuite elle produit une toxine qui paralyse les muscles. Celle paralysie est réversible si la personne a survécue à celle-ci.
Quels sont les signes ?
En 3 à 21 jours (parfois beaucoup plus) le bacille libère sa toxine dans le sang. Il existe surtout deux formes : une forme localisée à une zone du corps et le tétanos généralisé qui représente 80%. IL a été décrit de rares cas dits « céphaliques » avec une atteinte localisée à la tête.
L’ensemble des muscles du corps se contracte de façon inappropriée donnant alors un faciès caractéristique avec une contraction permanente des muscles de la mâchoire : le trismus.
Les patients atteints développent donc une contraction généralisée du corps qui s’aggraver de véritables convulsions à la moindre stimulation. Ces épisodes sont épuisants pour l’organisme dont la température peut monter de 2 à 4 degrés (comme on peut le voir chez les marathoniens par exemple).
Quel pronostic ?
Cette maladie conduit à environ 20 à 30% de décès.
Certaines contractures musculaires peuvent directement entrainer le décès : obstruction de la glotte (asphyxie), fractures, épuisement, troubles biochimiques (élévation du taux de potassium).
Dans les autres cas le décès intervient suite au séjour en réanimation : infections, troubles de la coagulation, troubles cardiaques, respiratoires, etc…
Quel est le traitement ?
En cas d’infection avérée, le traitement sur les antibiotiques (pénicilline), sur l’injection d’un sérum spécifique (gammaglobulines) et sur les mesures de réanimation habituelles. Il ne faudra pas oublier la vaccination car la maladie ne procure pas d’immunité.
Quelle est la prévention ?
En cas de plaie, il faut laver abondamment la plaie puis désinfecter. Il faut parfois parer la plaie : c’est à dire que l’on enlève, chirurgicalement, les corps étrangers et les morceaux de peau ou de muscles abîmés.
Le médecin peut être amené à refaire la vaccination sur place et parfois même injecter un sérum de gammaglobulines si le risque est important et que la vaccination n’est plus à jour.
En France, on recommande de vacciner les enfants tous les 5 ans puis tous les 10 ans à partir de 18 ans. En cas de vaccination très ancienne (personnes âgées) on recommence un cycle complet : deux injections à un mois d’intervalle et une autre à un an. Après on retombe sur notre schéma d’une vaccination tous les 10 ans.
Ce vaccin est efficace à 100% et est obligatoire depuis 1952.
Dr Arnaud Latremouille
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