Le Chikungunya
Le virus du Chikungunya a défrayé la chronique en 2005 avec une épidémie sur l’île de la Réunion qui a connu un pic de 50 000 malades par semaine. Que se cache-t-il derrière ce nom mystérieux ? Il signifie en swahili, une langue africaine, « marcher courbé ».

Le Chikungunya appartient à la famille des arbovirus qui compte une centaine de virus pathogènes pour l’homme. Les arbovirus sont transmis par des arthropodes (moustiques, tiques). Ils ont aussi en commun de se manifester par un tableau de fièvre aiguë élevée avec des douleurs diffuses importantes et parfois des complications hémorragiques, hépatiques ou neurologiques.
Chikungunya : quand le moustique passe les frontières
Les arbovirus sont plus fréquents dans les régions tropicales. On a quand même signalé des cas d’encéphalite à tique en Alsace et Lorraine et de fièvre de West-Nile dans la région de Fréjus. Les arboviroses les plus connues sont : la fièvre jaune, la dengue, le Chikungunya, la fièvre de West-Nile qui sévit en Amérique du Nord. Le Chikungunya touche l’Afrique, l’Asie, l’Inde, l’Océan Indien. On a diagnostiqué des cas aux Antilles-Guyane, en Corse, dans le Var en 2007 et il a touché une centaine de personnes dans le nord de l’Italie. Il est transmis par la piqûre d’un moustique du genre Aedes qui aime l’humidité et l’eau stagnante. Le Chikungunya ne se transmet pas d’homme à homme. Quand on a été infecté une fois, cela confère une bonne immunité pendant plusieurs années.
Les symptômes du Chikungunya
Les symptômes débutent en moyenne 5 jours après la piqûre de moustique. Il y a brutalement une fièvre élevée, de courte durée, associée à d’importantes douleurs musculaires et articulaires touchant les poignets, les mains et les chevilles. Ces douleurs sont invalidantes, elles peuvent durer plusieurs semaines et récidiver. Il s’y associe une fatigue prolongée. Une éruption cutanée peut également apparaître. Des hémorragies bénignes à type de saignements des gencives et du nez sont possibles. La contamination par le virus passe parfois inaperçue et ne donne pas de symptômes.
Des complications graves, neurologiques et hépatiques ont été rapportées. Des décès sont déjà survenus chez des sujets âgés ou fragilisés par une autre maladie.
Le traitement du Chikungunya
La maladie, guérit le plus souvent spontanément. Une fatigue importante peut perdurer. Il n’y a pas de traitement spécifique pour cette maladie. Des essais sont en cours avec la Nivaquine ®. Le traitement consiste à prendre des médicaments pour la douleur et la fièvre (en évitant l’aspirine qui peut faire saigner). On préconise aussi du repos. Il n’y a pas de vaccin disponible.
Il est important de lutter contre le moustique en évitent l’eau stagnante. Il faut éviter les piqûres de moustique en portant des vêtements longs et en utilisant des moustiquaires et des répulsifs.
Dr Jean Marc Bouzeran
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