La fièvre typhoïde
La fièvre typhoïde est une infection bactérienne fréquente, présente dans la plupart des pays en voie de développement.
Liée à une entérobactérie appelée « salmonella typhi », elle se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés.

La fièvre typhoïde peut se compliquer d’ulcérations digestives et d’hémorragies redoutables.
On considère qu’elle est responsable de 500 000 à 600 000 décès par an dans le monde (chiffres OMS). En France, cette pathologie est plus rare et on estime le nombre de cas à environ 300 par an (en grande majorité importés).
Le point sur cette pathologie.
Contamination par l’eau souillée
La transmission entre les hommes du micro-organisme responsable de la pathologie est dite « oro-fécale », c'est-à-dire qu’elle se transmet par l’eau ou les aliments souillés par les matières fécales d’un humain contaminé.
Des cas de transmission par contact direct avec une personne infectée sont décrits.
Ceci explique la répartition préférentielle de la fièvre typhoïde dans les zones à conditions d’hygiène précaire : Afrique, Amérique du Sud, Asie,…
Une évolution en 2 phases, avec parfois des complications gravissimes
1 à 3 semaines après la contamination, la maladie apparaît et évolue en 2 phases :
- une phase d’invasion pendant environ une semaine, avec une asthénie majeure (fatigue intense), une fièvre à 40°C, des céphalées (maux de tête), des vertiges, une insomnie, possible épistaxis (saignement de nez) et parfois signes digestifs (diarrhée, douleurs abdominales, constipation).
- une phase dite d’état, durant également une semaine : la fièvre reste élevée à 40°C, apparaît une splénomégalie (rate augmentée de volume), une diarrhée franche et un état de prostration (torpeur).
Dans certains cas lors de la destruction des micro-organismes responsables de la fièvre typhoïde (salmonelles de type typhi) les toxines libérées peuvent entraîner des complications au niveau du tube digestif : perforations digestives, péritonites, hémorragies digestives,…
De plus, la fièvre typhoïde peut se compliquer de troubles cardiaques (myocardite), de troubles neurologiques (encéphalite avec délires), de choc septique…
Traitements disponibles : antibiotiques et traitement symptomatique
Un traitement antibiotique est mis en place : le plus souvent par fluoroquinolones pendant 7 à 10 jours.
On y associe un traitement symptomatique (c'est-à-dire qui atténue les symptômes de la maladie sans agir directement sur les bactéries en cause) :
- antalgiques/antipyrétiques d’intensité faible à moyenne pour contrôler la fièvre et les douleurs (paracétamol, parfois DIANTALVIC)
- réhydratation car la fièvre fait perdre de l’eau à l’organisme
- en cas de forme hémorragique, une prise en charge réanimatoire peut s’avérer nécessaire.
Prévention de la fièvre typhoïde
Il est crucial de renforcer les règles d’hygiène personnelle : lavage des mains après chaque passage aux toilettes et avant chaque manipulation d’aliments.
L’eau consommée doit être capsulée, bouillie ou purifiée par des pastilles chlorées décontaminantes.
Il faut éviter la prise de glaçons (réalisés à partir d’eau possiblement contaminée) et de manger les légumes crus.
Un vaccin est disponible contre Salmonella Typhi, avec une efficacité pendant 3 ans.
La fièvre typhoïde est une maladie fréquente, parfois gravissime, qui se transmet par le péril fécal. Elle se caractérise notamment par une fatigue, une torpeur et une fièvre à 40°C.
Pour l’éviter, une vaccination et le respect de règles d’hygiène sont nécessaires.
Christophe Coste
Validation Dr Fabrice Kuhn
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