Comment continuer d’allaiter quand on travaille ?

Beaucoup de femmes prennent le parti de l’allaitement quand vient au monde leur enfant.

Et pour cause, les bienfaits que le lait maternel procure au nourrisson valent bien toutes les difficultés que ce mode d’alimentation induit.

Sans compter qu’allaiter son enfant, c’est tisser un lien fusionnel entre une mère et son nouveau-né.

En France, le taux moyen d’allaitement était de 68,1 % en 2016 (contre 66 % en 2013).

De bons chiffres qui se dégradent néanmoins après la sortie de la maternité avec :

  • 38 % des nourrissons encore allaités à quatre mois
  • 19 % à six mois
  • 5,3 % à un an, donnant ainsi une moyenne d’allaitement de 17 semaines.

Un net progrès tout de même comparé aux 13 semaines dans les années 90, la promotion de l’allaitement maternel fonctionne donc bien, mais l’objectif fixé par l’OMS reste loin : pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé recommande 6 mois d’ allaitement exclusif (le fait de nourrir un bébé uniquement par du lait maternel, sans aucune autre boisson, eau y compris).

La question c’est pourquoi, pourquoi ce taux d’allaitement chute-t-il autant au fil des mois ?

Bien, dans notre monde moderne, beaucoup de femmes sont actives et doivent très vite reprendre le travail, elles hésitent alors à continuer d’allaiter, ne sachant trop comment concilier allaitement et vie professionnelle.

Les femmes reconnaissent ainsi qu’elles arrêtent d’allaiter en moyenne 8 semaines avant la reprise du travail.

Quelques conseils pour bien démarrer l’allaitement

Il est souvent bien difficile pour une femme d’allier sa vie de mère et sa vie professionnelle, surtout quand vient la fin du congé de maternité et cette question : comment poursuivre l’allaitement ?

La première des choses qui importent est qu’il faut que l’allaitement se passe au mieux, et pour cela, la prise de contact entre la mère et l’enfant doit se produire au bon moment.

Celle-ci doit avoir lieu assez rapidement après la naissance, car chaque nourrisson possède une sorte d’instinct pour la tétée qu’il perd environ 3 jours après sa naissance.

En fait, deux pics de “réflexe à la tété apparaissent” :

  1. le premier a lieu dès l’accouchement jusqu’à la sixième heure de vie.
  2. Puis, il se reproduit environ 48 heures plus tard.

Si la mère souhaite allaiter, elle doit donner son sein à son enfant dans ce laps de temps, sinon le bébé n’aura plus le réflexe et il sera alors très difficile de le mettre au sein.

Voici d’autres conseils pour que votre allaitement se déroule au mieux :

  • Bien positionner son enfant permet aussi d’éviter douleurs et désagréments. En effet, s’il est mal installé, le nourrisson risque de blesser le téton de la mère. Cette dernière peut aussi souffrir de mal de dos. Il est donc indispensable que tout le monde soit bien placé lors de la tétée. La mère peut être assise ou allongée sur le côté, de façon à ce qu’elle se sente le plus confortablement installée.
  • Placer le corps de votre enfant face au sien de sorte que le nombril du bébé soit contre vous. Il faut veiller aussi à ce que la tête du nourrisson soit bien en face du téton pour ne pas le blesser et à ce que son menton soit bien collé au sein. Ces petites précautions permettent entre autres d’éviter les crevasses qui sont très douloureuses.
  • La mère doit aussi éviter de porter des vêtements qui risquent de frotter contre ses seins et doit opter pour un soutien-gorge adapté, c’est à dire pas trop petit, au risque de comprimer les canaux lactiques. Des soutiens-gorges spécialisés existent, ils possèdent des coupelles de protection qui sont des coquilles percées. La femme y place son mamelon qui reste ainsi à l’air à l’intérieur de la coque. Les taches sur les vêtements disparaissent et le sein étant préservé de l’humidité et des frottements, les crevasses n’apparaîtront pas. L’engorgement peut également être désagréable. Lorsque le sein est trop rempli de lait, la peau est distendue. Les tétées permettent de vider le sein, mais la maman peut également tirer le lait et le conserver dans des biberons.

Lorsqu’une bonne position est adoptée par la mère et l’enfant, contrairement aux idées reçues, l’allaitement n’abîme pas les seins.

Travailler et donner le sein, c’est possible !

La première des choses à savoir, c’est qu’en tant que jeune maman allaitante, vous bénéficiez de facto de 2 pauses quotidiennes de 30 minutes pour tirer votre lait !

Selon le Code du travail : « Chaque salariée allaitant son enfant dispose pour ce faire d’une heure par jour sur son temps de travail, jusqu’au premier anniversaire du bébé ».

Cette heure n’est certes pas rémunérée (sauf si la convention collective le spécifie), mais elle vous permet soit d’aller tirer votre lait quelque part dans l’entreprise (une entreprise de plus de 100 salariées doit offrir des locaux dédiés à l’allaitement en son sein, avec des mesures d’hygiène spécifiques), soit de vous rendre à votre crèche pour allaiter votre enfant (si des salons d’allaitement sont en place dans la structure), soit d’allaiter votre enfant dans votre entreprise !

Une question d’organisation

tirer son laitLa meilleure des choses à faire est de bien se préparer à la reprise du travail, et de parler organisation avec votre patron. Essayez peut-être de négocier une à deux journées de télétravail par semaine.

3 semaines avant la reprise, tâchez de commencer à bâtir votre stock de lait maternel, car il peut falloir un certain temps pour produire ce supplément de lait, alors planifiez ces séances de tirage de lait supplémentaires tôt le matin et ne vous découragez pas si les deux premières séances ne sont pas une réussite. Votre corps a besoin d’un certain temps pour entrer dans le flux !

2 semaines avant, assurez-vous que votre bébé est à l’aise avec un biberon. La dernière chose dont vous voulez vous inquiéter quand vous êtes au travail, c’est que bébé ne mange pas !

1 semaine avant, faites un essai grandeur nature : organisez une journée d’essai pour vous assurer que vous avez une bonne routine pour vous rendre au travail à l’heure et que votre bébé est à l’aise avec les nouvelles dispositions de garde d’enfants.

Une fois au travail

Il est recommandé de tirer votre lait maternel toutes les trois heures pour maintenir la production de lait à flot.

Aménagez votre planning pour essayer de rendre ses pauses “pompage” productives. Avec un tire lait électrique (assurez-vous que celui-ci dispose d’une bonne puissance de pompage), vous aurez les mains libres et pourrez traiter vos mails par exemple (à condition d’avoir un bureau à vous pour ne pas être dérangée). Mettez vos collègues au courant de vos heures de tirage de lait pour que tout le monde puisse s’organiser correctement.

Enfin, il est possible de ressentir une petite culpabilité, mais elle n’a pas lieu d’être, vous faites de votre mieux et dites-vous bien qu’aucune solution n’est parfaite.

Cependant, vous avez évalué les avantages et les inconvénients de chacune des solutions possibles et avez pris la meilleure des décisions pour vous et votre famille. Adoptez donc ce choix et profitez au maximum de votre temps à la maison et au travail.