Qu’est-ce que le pragmatisme et comment y adhérer ?

Le mot pragmatisme est issu du grec « pragma », dont le sens désigne une action, un fait accompli, ou encore quelque chose qui existe.

À l’heure actuelle, on peut donner plusieurs synonymes au mot « pragmatique », tels qu’utilitaire, réaliste, ou encore pratique.

En soi, le pragmatisme peut avoir deux significations :

  1. la première étant l’attitude d’une personne se souciant uniquement de l’efficacité d’une méthode, d’un mode de vie, etc
  2. la seconde signification, qui nous intéresse plus, est que le mot pragmatisme désigne une doctrine philosophique qui dit que « seul est vrai ce qui fonctionne réellement ».

Pour faire simple et résumer au mieux le pragmatisme, il s’agit de la capacité de l’esprit à s’adapter aux exigences de la réalité, c’est-à-dire au contexte, à l’interlocuteur, au sens caché, etc., mais aussi à comprendre que toutes les idées peuvent être utiles, et que seul ce qui fonctionne réellement est réel, vrai.

Histoire du pragmatisme dans le monde

Le pragmatisme en soi n’est pas quelque chose de récent, on peut même dire qu’il existe probablement depuis toujours en ce qui concerne le comportement humain. Néanmoins, le pragmatisme en tant que philosophie apparaît quant à lui en Amérique au cours du XIXe siècle.

Le concept du pragmatisme est créé et théorisé par le logicien Charles Sanders Pierce, bien que ce soit le psychologue William James qui popularisa le concept, en 1898.

En effet, cette année-là, une conférence fut donnée autour du thème de la « Conception Philosophique », en d’autres mots, ce que l’on appelle maintenant le pragmatisme.

Le concept fut alors expliqué au public : il s’agit d’une méthode de classification conceptuelle jetant les bases de cette théorie des connaissances, tout en ayant une vision humaniste de cette classification.

Par la suite, vers 1907, William James écrivit un livre nommé « Pragmatism », décrivant sa vision de cette philosophie et les raisons de l’appliquer, qui fût un véritable succès et contribua à l’avancée et au développement de la philosophie.

Quelques exemples de pragmatisme

Pour vous aider à comprendre un peu mieux le pragmatisme, voici quelques exemples, que ce soit au niveau du langage ou au niveau philosophique :

  1. Imaginez que vous travaillez dans un restaurant et qu’un client vous demande un verre d’eau. Vous allez en conclure que votre interlocuteur a soif, n’est-ce pas ? Vous allez donc interpréter ses paroles de manière logique.
  2. Vous vous trouvez face à un problème de math et vous avez plusieurs options pour le résoudre. L’une d’elles est un calcul long et difficile, tandis que l’autre est une formule qui vous permettra de résoudre le problème en quelques secondes seulement. Les deux méthodes fonctionnent, il n’y en a pas une bonne et une mauvaise, simplement une qui fonctionne mieux que l’autre. Et c’est exactement la pensée mère du pragmatisme.
  3. Vous invitez chez vous une personne, et un peu plus tard, vous lui demandez à elle de vous amener un verre d’eau. Cette situation ne colle donc pas au contexte, puisqu’en temps normal, vous seriez plutôt la personne à offrir un verre d’eau à votre invité.
  4. Si vous êtes chez vous avec des amis, et que l’un d’entre eux vous demande s’il est possible de fermer la fenêtre dans la pièce où vous vous trouvez, alors le sens caché peut être : « il y a trop de vent », « j’ai froid » ou encore « il y a trop de bruit à l’extérieur ». Le pragmatisme revient aussi à chercher le sens caché d’un mot ou d’une action.

Êtes-vous quelqu’un de pragmatique ?

Pour savoir si vous êtes ou non pragmatique, voici une présentation type du profil des personnes pragmatiques :

  • Sont axées sur les résultats plutôt que sur les rêves et spéculations.
  • Acceptent qu’elles ne peuvent pas tout obtenir.
  • Savent que pour atteindre leurs objectifs, elles devront parfois donner en retour.
  • Savent se contenter de ce que la vie leur donne et en profite, contrairement à ceux qui ne font que viser au plus haut sans s’attarder sur les petits plaisirs et succès quotidiens.
  • Savent faire des compromis.
  • Sont très axées sur la partie pratique et les résultats.

Alors, pour savoir si vous êtes bel et bien quelqu’un de pragmatique, posez-vous les bonnes questions, et n’hésitez pas à demander à vos proches (famille, amis ou collègues) s’ils pensent que vous collez à ce type de profil.

Exemple du Bouddhisme, une religion pragmatique

Le Bouddhisme est un excellent exemple de cette philosophie qu’est le pragmatisme. En effet, non seulement le bouddhisme prône l’harmonie et la fusion entre l’Homme et la nature, mais de plus cette religion enseigne de multiples choses, par exemple à savoir se contenter de ce que l’on a, à donner afin de recevoir, mais aussi à savoir faire la différence entre le réel et le désire.

En cela, on peut dire que le Bouddhisme est pragmatique, et il s’agit peut-être là de l’origine de la pensée qui poussa William James et Charles Sanders Pierce a se poser des questions et développer cette philosophie pragmatique à leur époque.

Qu’est-ce que la pragmatique du langage ?

less is more

La pragmatique du langage est une étude de tous les éléments du langage ne pouvant pas avoir une signification claire en l’absence de contexte, mais aussi du sens caché des mots.

Prenez par exemple cette phrase : « j’ai acheté un nouveau sac. » Je sais à quoi ressemble ce sac et j’en ai une excellente image en tête, mais je suis sûr que vous en aurez une image totalement différente, peut-être même à l’opposé de celle que j’ai en tête. Cette différence d’image mentale, et donc de compréhension, vient de l’utilisation des mots, mais aussi de leur signification selon l’interlocuteur et le contexte.

Les 4 dimensions de la pragmatique du langage :

  1.  L’étude de la signification de l’interlocuteur : il s’agit de l’interprétation de la signification des mots de l’interlocuteur, par vous-même ou la personne qui l’écoute.
  2. L’étude de la signification contextuelle : il s’agit à nouveau de l’interprétation des mots de l’interlocuteur, mais dans un contexte bien spécifique, et de savoir comment ce contexte peut influencer les paroles.
  3. L’étude de ce qui est dit en silence : cette partie du pragmatisme du langage signifie qu’il faut creuser pour trouver le sens caché des mots, ce qui est dit en silence. Cette troisième dimension est donc la compréhension des intentions et motivations silencieuses.
  4. L’étude de l’expression de la distance relative : cette dernière dimension du pragmatisme du langage est la compréhension des paroles dans le cadre spatio-temporel. Ici, voici un exemple pour rendre la compréhension plus simple : si vous êtes à côté d’un ami et que vous lui demandez « tu peux me passer ça ? », alors votre ami saura de quoi vous parlez. Par contre, une personne se trouvant plus loin, quant à elle, ignorera ce que « ça » désigne, car la distance l’empêche de le voir. Le cadre spatio-temporal est donc important dans de tels cas.

Quel est le rapport entre pragmatisme philosophique et pragmatisme du langage ?

En somme, la pragmatique du langage n’est pas vraiment différente du pragmatisme philosophique. La seule réelle différence, c’est le domaine de questionnement et d’action.

En effet, tout comme le pragmatisme philosophique avec les idées et actions, le pragmatisme du langage prône que les mots et leurs idées n’ont de sens qu’une fois analysés, ce qui signifie donc qu’un discours n’est concret et réel que s’il est compris dans son contexte d’énonciation.